La condition du développeur

Je suis développeur informatique depuis bientôt 10 ans. J'ai 34 ans, et je suis aujourd'hui considéré comme un développeur senior. J'ai pas mal d'expérience, et je pense honnêtement être plutôt doué dans mon boulot. En même temps, j'ai toujours aimé la technique, j'ai toujours aimé apprendre, et la bidouille ne me dérange pas plus que ça quand c'est nécessaire... Pourtant, j'ai parfois l'impression d'être mal jugé parce que je suis encore très orienté technique, et que je n'aspire pas vraiment à autre chose.

Il y a quelques années, lorsque je me suis orienté vers l'informatique, les développeurs étaient considérés. Ils faisaient des propositions. On les consultait pour avoir leur avis. On tenait compte de leurs remarques. Ils étaient au centre des projets parce qu'un avis technique était essentiel.

Aujourd'hui, ingénieur informatique est un des métiers qui attirent le moins. Les développeurs sont en bas de l'échelle dans la plupart des entreprises. Ce sont ceux qui exécutent, pas ceux qui décident. On n'a plus besoin de leur avis. Ils n'ont pas besoin de comprendre les enjeux du projet. Et puis c'est pas bien compliqué comme boulot, tout le travail leur est pré-maché dans de longs documents de spécifications, et ils n'ont plus qu'à pisser du code.

Le problème, c'est que ce qui plaît au développeur, au vrai développeur je veux dire, c'est de comprendre, d'analyser. De trouver la meilleure implémentation possible pour résoudre le problème posé. De créer une solution. Et s'il peut en profiter pour apprendre quelque chose de nouveau, c'est le top.

Et sans tout ça, sans cette phase analytique, sans cette créativité, et bien le développeur se fait bien chier. Alors il commence à avoir envie d'autre chose. Il cherche une nouvelle voie. Il s'interroge. Et au bout d'un moment il finit par trouver mieux à faire que de mettre à disposition son talent sans jamais rien recevoir en retour. Alors il évolue, ou se réoriente. Et il arrête d'être développeur. Pourtant il était bon. Excellent même. Mais la motivation n'était plus là. Et le manque de considération aura eu raison de lui.

Ecrit par Guillaume.
Publié dans la catégorie Réflexions.
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