La semaine des 4 jours et demi (5ème et dernière partie)

Il reste 4 questions concernant la semaine des 4 jours et demi, mais qui me semblent moins importantes que les questions évoquées dans les parties précédentes. Et puis je pense avoir fait le tour du sujet et mis mes idées au clair en écrivant tous ces articles. Je vais donc terminer ma réflexion avec ce dernier article.

A lire avant :

Quels rythmes pour la maternelle ?

Avec la semaine de seulement 4 jours, les journées de classe étaient trop longues pour les élèves de primaire. Cette longueur de la journée était encore plus pesante pour les tout-petits.

Pour les élèves de maternelle, il est important de se lever tous les jours de la semaine à la même heure et d'avoir des journées allégées. C'est ce que permet la réforme.

Mais les mêmes rythmes, cela ne signifie pas le même aménagement de la journée pour tous les enfants quel que soit leur âge.

Cet aménagement doit également être adapté à leurs besoins physiologiques (sieste, temps calme...). Les équipes éducatives y sont attentives et veillent à ce que les ajustements nécessaires en termes d'organisation soient faits.

Aujourd'hui, les rythmes de maternelle sont exactement les mêmes que ceux de l'élémentaire. Les équipes éducatives y sont peut-être attentives, mais elles ne font rien. Pourtant, il faudrait bel et bien alléger le temps de présence quotidien de l’élève à l’école en fonction de son âge. Il faudrait une vraie réforme, quoi...

Cette réforme crée-t-elle des inégalités ?

Avant la réforme, seuls 20% des écoliers avaient accès à des activités sportives, culturelles ou de loisirs le mercredi matin, et les inégalités d'engagement des communes dans les activités périscolaires allaient de 1 à 10.

C'est aux enfants des communes et des territoires les plus pauvres que la semaine de seulement 4 jours était le plus préjudiciable car ils étaient livrés à eux-mêmes, devant leur télévision par exemple. Ainsi, les nouveaux rythmes scolaires révèlent les inégalités existantes et permettent de les corriger.

Avec la réforme, 80% des écoliers participeront à des activités périscolaires auxquelles ils n'auraient sans cela jamais eu accès et qui leur permettront de faire de nombreuses découvertes.

L'État et la CNAF financent la réforme pour toutes les communes, mais sensiblement plus pour les communes défavorisées (144 euros par enfant et par an, contre 94 euros pour les autres).

Avec la réforme, seuls les enfants résidant dans des communes disposant de moyens suffisants pour financier des activités périscolaires pourront profiter de ces activités. Je prenais mes enfants en exemple dans les parties précédentes. Ils n'ont droit qu'à 1 heure d'activités par semaine, la commune n'ayant pas les moyens de financer plus. Et c'est loin d'être très intéressant. D'ailleurs ma femme et moi venons de décider de ne pas les ré-inscrire pour la période suivante. Donc oui, cette réforme crée des inégalités.

Que les enfants fassent de nouvelles découvertes est un objectif tout à fait louable. Mais dans ce cas, changeons les programmes de l'école, et intégrons ces enseignements à l'école. Utilisons l'argent de la réforme pour payer des intervenants en musique, en sports, en arts plastiques, en géographie, en informatique, en sciences. Et intégrons ces apprentissages à l'école, pour créer une vraie égalité dans les enseignements.

De plus, je trouve que ce n'est pas à l'éducation nationale et aux communes de s'occuper des enfants livrés à eux-mêmes. Responsabilisons un peu les parents. Et s'ils ne s'en sortent pas, aidons-les. Puisque l'exemple de la télévision est cité, montrons leur qu'on peut occuper des enfants sans télévision. Qu'il faut choisir les programmes que les enfants regardent. Que les émissions que les adultes regardent ne sont pas adaptés aux enfants. Et de toute façon, ce n'est pas cette heure d'activités qui va changer quelque-chose pour les enfants livrés à eux-mêmes.

Quels sont les bénéfices, pour les élèves, des activités après la classe ?

Aujourd'hui, 1,3 million d'élèves bénéficient des nouveaux rythmes scolaires.

Pour de nombreuses communes, la réforme est l'occasion de mettre en place de véritables accueils de loisirs périscolaires (là où il n'existait auparavant qu'un système de garderie). Ce nouveau temps périscolaire offert facilite l'accès de tous les enfants aux activités sportives, culturelles, ludiques ou artistiques. Ainsi chaque enfant, quelles que soient son origine sociale ou les ressources de sa famille, peut bénéficier des outils et richesses proposés par cet espace éducatif nouveau pour se former, apprendre et grandir.

Ce n'est tout simplement pas vrai. Que dire de plus ? Regardons vraiment ce qui est mis en place dans les communes, combien d'enfants sont concernés, combien d'enfants ont accès à des vraies nouvelles activités, intéressantes, constructives, épanouissantes, et qui ne ressemblent pas à un simple système de garderie. Je pense qu'on doit pouvoir les compter sur les doigts d'une main, et qu'on doit les trouver dans quelques communes "riches".

Regardons ensuite combien cela coûte, et rappelons-nous qu'à partir de 2016, les subventions seront supprimées. Alors, d'ici 2 ans, que restera-t-il vraiment de ces nouvelles activités ?

Que va-t-il se passer à la rentrée 2014 ?

À la rentrée 2014, la réforme se généralisera à l'ensemble des communes. Les services de l'éducation nationale sont à l'écoute et aux côtés des municipalités concernées pour les aider à préparer, dans la concertation, la mise en œuvre de la réforme.

Une phase de dialogue s'organise actuellement sur le terrain entre les différents acteurs de l'École (parents, enseignants, rectorats, associations, élus...). Cette concertation locale doit permettre de bâtir les futures organisations de la semaine dans chaque école, et d'en informer suffisamment tôt l'ensemble des parents.

D'ici là, un Comité national de suivi réunit les expériences de terrain pour aider les communes à s'inspirer des modèles les plus pertinents. Les comités de suivi locaux accompagnent également les acteurs sur le terrain.

Il ne se passe pas grand-chose au final... Personne n'est vraiment content. Ni les parents, ni les enseignants, ni les communes. Mais on continue comme ça. Les enfants s'adaptent. Les parents aussi.

Personnellement, j'arrive plus tard au boulot 3 jours par semaine (les jours où je dois déposer mes enfants à l'école). Je rentre donc plus tard chez moi 3 jours par semaine. Mes enfants ont testé les activités pendant 1 an. Ce n'est pas enthousiasmant. Au final je paie plus de frais de garde. Les vraies activités auxquelles nous pensions les inscrire le mercredi matin sont maintenant le mercredi après-midi. Mais nous ne les avons pas inscris, car nous pensons qu'ils sont encore petits, et qu'ils ont aussi besoin de temps libre pour jouer.

Le mardi soir, qui était une soirée un peu plus tranquille, est devenu un soir de semaine comme les autres, où il faut se dépêcher de coucher ses enfants. J'ai l'impression qu'ils sont au final plus fatigués en fin de semaine. Les enseignants avec lesquels j'ai discuté sont d'ailleurs unanimes : le vendredi est plus difficile qu'avant. L'attention des élèves n'est plus la même.

Conclusion

C'est ici que se termine ma réflexion sur la réforme des 4 jours et demi. Je pense avec ces 5 articles avoir fait le tour de la question. Ma conclusion sera courte, mais correspond vraiment à ce que je pense :

Il faut réformer notre système éducatif. L'idée de base était intéressante, bien qu’insuffisante. Mais les propositions faites par l'académie de médecine suite à l'étude des rythmes biologiques et comportementaux aux différents stades du développement des enfants n'ont pas été suivies. Le financement, quant à lui, n'a pas été réfléchi assez sérieusement.

On se retrouve aujourd'hui avec une réforme qui, en plus d'être très insuffisante, a tout simplement été bâclée.

Ecrit par Guillaume.
Publié dans la catégorie Ecole.
Cet article contient 1284 mots , et a reçu 0 commentaire pour l'instant.
Il s'agit du 20ème article sur un total de 100.