Un café, un calepin, un stylo

Acheter un café. Attendre, puis entrer dans le train. Trouver une place dans un compartiment, tranquille au calme. Poser son café sur la tablette. Prendre un stylo, un calepin, et commencer à écrire.

J'ai décidé aujourd'hui de faire cette expérience. Je suis en route vers les Techdays Esri à Lausanne, et j'ai 2 heures de train devant moi. J'ai décidé d'en profiter pour prendre un peu de temps loin de la technologie et de notre monde ultra-connecté, pour prendre un peu de recul, et pour simplement coucher mes pensées sur papier. Pas de traitement de texte, pas de correcteur orthographique, pas de distraction numérique possible. Juste un calepin, un stylo, moi et mes pensées (et un café).

C'est un peu comme si je faisais un mini voyage dans le temps, à l'époque où les gens tenaient des journaux intimes ou des carnets de voyage. A l'époque où les inventeurs et les découvreurs faisaient des croquis sur papier. A l'époque où l'on communiquait par courrier. En fait, je n'ai moi-même jamais vraiment connu cette époque. Je ne suis pas né, comme mes enfants, entouré d'objets tactiles et connectés. Mais j'ai malgré tout connu l'informatique assez jeune, je devais avoir 8-10 ans, pas plus.

Et pourtant, même sans avoir vraiment connu le monde d'avant, j'éprouve parfois une sorte de nostalgie par rapport à cette époque. Cette époque où les gens se rencontraient, et discutaient. Cette époque où l'on avait peu d'amis, mais où on profitait d'eux. Cette époque où on n'avait qu'une seule seule vie bien réelle, et pas plusieurs profils virtuels qu'on a même pas le temps de mettre à jour. Les trains étaient alors des lieux de rencontre, on y jouait aux cartes, on discutait. On y prenait le temps de réfléchir, de créer, d'inventer. Maintenant, chacun a les yeux rivés sur son smartphone ou son notebook. Les gens travaillent, tchattent ou jouent, sans se soucier de ce qui se passe autour d'eux. Sans se soucier de cette personne assise en face d'eux. Sans se soucier des paysages qui défilent.

Être simplement assis dans un wagon, au calme, un stylo à la main, est aujourd'hui presque un luxe. Pouvoir profiter des alpages qui défilent, en écoutant le bruit du train sur les rails. Se demander où vont les gens assis dans la même rame. Essayer de le deviner en cherchant des indices. Faire attention aux oiseaux dans le ciel. Trouver des formes dans les nuages. Laisser son esprit vagabonder. Rêver. Écrire.

Dans notre monde ultra-connecté, le calme est devenu un luxe que tout le monde devrait pouvoir s'offrir de temps en temps, dès qu'il en éprouve le besoin.

Ecrit par Guillaume.
Publié dans la catégorie Réflexions.
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