Culpabilité quotidienne

Tous les jours, on nous gave de publicité nous ventant les mérites de nouvelles voitures. On nous donne des primes à l’énergie pour changer de véhicule. On nous dit d’acheter des voitures électriques, car soi-disant, elles polluent moins. Et en même temps, on nous reproche d’avoir besoin d’une voiture pour aller bosser, faire nos courses, ou emmener les enfants à leurs activités.

Tous les jours, on nous propose pas de partir à l’autre bout du monde, de prendre l’avion pour aller découvrir les plus beaux coins de la planète. Ou alors de partir en vacances en camping dans le sud de la France… avec sa voiture. Et en même temps, on nous rabâche que l’avion pollue énormément, et qu’il faudrait limiter ses déplacements pour sauver la planète.

Tous les jours, les rayons de nos supermarchés sont pleins de produits de mauvaise qualité, remplis de graisses, de sel, de sucre, et de pesticides. On nous vend de la viande provenant de véritables usines où les animaux sont maltraités, du poisson nourri à la farine et aux antibiotiques, et des légumes remplis d’OGMs. Et en même temps, on nous demande de mieux manger, de vérifier la provenance de nos aliments, d’acheter du bio.

Tous les jours, on nous sollicite à grands coups d’emails ou d’encarts publicitaires pour acheter le dernier gadget à la mode sur Internet, pour se laisser tenter par un nouvelle paire de chaussures, ou par le tout nouveau smartphone en promo. Et en même temps, on nous dit de consommer moins, d’acheter responsable et équitable.

Tous les jours, on nous vend des produits emballés dans du plastique à usage unique, des objets dont la fin de vie est déjà programmée dans 2 ans, ou des articles tout simplement irréparables. Et en même temps, on nous demande de réduire nos déchets, de trier nos poubelles, de faire attention à la planète.

Tous les jours, on nous tente avec de la malbouffe, des boissons sucrées, du chocolat et de l’alcool. Et en même temps, on nous dit de manger sain, de faire attention à notre tension, à notre cholestérol, et on nous met au régime si on ne correspond plus aux standards de notre société.

Il ne se passe plus une journée sans que je culpabilise parce que j’ai besoin de ma voiture pour aller au boulot, parce que mon repas du midi est emballé dans une boite en plastique, parce que je commande un nouvel objet sur Amazon, parce que je fais mes courses au supermarché et que j’achète du fromage non bio, parce que je mange une pizza ou un hamburger. Et j’en ai marre.

J’en ai marre de cette culpabilité quotidienne. Bien sûr, je peux faire attention à mon niveau. Je mange moins de viande. J’essaie d’acheter des produits bio. J’achète une pâte à tartiner et des gâteaux sans huile de palme. Je prend le train, même si j’ai besoin de ma voiture pour aller jusqu’à la gare la plus proche. Je trie mes déchets.

Mais la véritable solution ne serait-elle pas de ne plus proposer aux gens d’avoir accès à tout ces « mauvais » produits ? De redévelopper les réseaux de transport en commun ? D’arrêter d’importer des objets de l’autre bout de la planète ? De concevoir du matériel avec une durée de vie d’au moins 20 ans ? De ne plus autoriser les emballages plastiques à usage unique ? De bannir les pesticides ? De recréer des commerces de proximité ?

C’est un peu facile de nous faire culpabiliser en nous demandant de faire attention à notre consommation, à nos déplacement, à nos déchets, à notre planète. Je crois que nous sommes tous d’accord pour prendre soin de notre environnement, encore faudrait-il qu’on nous en donne les moyens.

Ecrit par Guillaume.
Publié dans la catégorie Humeur.
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